Des élèves de seconde 6 décernent le Prix Jean Renoir des Lycéens 2014 !

Fin de l’aventure du Prix Jean Renoir, pour les élèves de la seconde 6 option « Littérature et société », encadrés par Mmes Cuirot et Plus, professeurs d’histoire géographie et  de lettres.

Deux élèves de seconde 6, Eve Kahn et Servane Poisson élues déléguées par leurs camarades, ont brillamment représenté leur classe lors des rencontres nationales des 3 et 4 juin. A l’issue de débats très animés entre les différents jurys de lycéens, le Prix Jean Renoir des lycéens 2013-2014 a été décerné au film « Rêves d’or » de Diégo Quemada-Diez.

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Eve Kahn et Servane Poisson, déléguées de la seconde 6

La rencontre a commencé par des échanges entre les élèves délégués, représentant les 51 établissements retenus cette année (dont 3 lycéens français à l’étranger) et les réalisateurs, producteurs ou distributeurs des 8 films en lice.

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Les élèves, répartis au sein de 4 jurys  ont ensuite discuté entre eux, présentant et défendant le film élu à la majorité dans leurs classes respectives.  A l’issue de ces discussions parfois très vives, qui ont permis à tous ces lycéens d’étayer leur jugement et d’affiner progressivement leurs arguments, ils ont dû établir le classement de leurs 4 films préférés et élire 2 délégués par jury qui ont participé à la dernière délibération.

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Débats entre lycéens au sein de chacun des jurys.

La cérémonie de remise du Prix Jean Renoir a eu lieu au lycée Victor Duruy et s’est clôturée par un cocktail dans les salons du ministre de l’éducation nationale.

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Remise du prix Jean Renoir des Lycéens par Ismaïl Hamido, lycéen dans l’académie de Montpellier
en présence de la distributrice du film « Rêves d’or ».

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Rêves d’or , Prix Jean Renoir 2014

Synopsis : Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux Etats-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant l’espagnol et qui se joint à eux. Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

De retour dans l’établissement , Eve et Servane ont fait un compte rendu détaillé de ces journées de rencontres nationales à leurs camarades de classe.

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Eve Kahn nous livre ses impressions…

« Le prix Jean Renoir des Lycéens…Qu’en dire ? Par où commencer ?

Je sais par où commencer ! Mon sourire: le sourire qui me monte spontanément au visage en pensant à ce Mardi 3 et Mercredi 4 Juin. Deux jours de pure excitation et d’amour du cinéma mais pas que: la responsabilité de représenter le mieux possible les lycéens et notre établissement.

Quel bonheur d’être pris au sérieux! Nous sommes des adolescents et pourtant on nous offre la liberté de mener les débats, de faire nos choix ! Les débats sont vivants et pleins d’arguments nouveaux : je retiens de ces deux jours l’importance d’avoir des arguments, de savoir les défendre et de s’exprimer.

 Est-ce l’intérêt commun ou la bonne humeur générale qui nous poussa les uns vers les autres ? Cela restera un mystère mais le résultat est là: les gens qui nous entourent sont pleins de vie, intéressants et intéressés. Les amitiés se créent.

Marseille, Paris, Shanghai, Johannesburg, lycées généraux, professionnels, garçons, filles, terminales, premières et secondes tous réunis pour être la voie de la jeunesse en matière de cinéma. 

Merci aux organisateurs du Prix Jean Renoir des Lycéens mais aussi à madame Plus et à madame Cuirot pour nous avoir inscrits à ce prix et pour nous avoir initiés à l’art de la critique. »

Durant toute l’année, après chacune des 8 projections, les élèves ont rédigé des critiques qu’ils ont postées sur le blog du Prix Renoir.

Découvrez les avis de nos jeunes critiques en herbe qui vous donneront sans aucun doute envie d’aller voir ces films, dont la plupart sont encore à l’affiche.

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  • Genre : Drame
  • Réalisé par : Diego Quemada-Diez
  • Avec : Karen Martínez, Rodolfo Dominguez, Brandon López

Rêves d’or, un rêve cauchemardesque.

Ce n’est pas tellement par les sentiments et les émotions que Rêves d’or cherche à nous toucher, bien qu’il y parvienne souvent avec son récit, très bien tenu, de l’histoire tragique de quatre adolescents fuyant le Guatemala en direction des Etats-Unis. Passagers clandestins de leur propre existence, Juan, Sara, Samuel et Chauk semblent avoir un instinct de survie qui les dépasse.
Ados, ils n’ont que leur amitié naissante et encore maladroite à opposer au monde vers lequel ils courent. Au prix des plus grands périls, au contact des pires calamités humaines, ils se jettent aveuglément vers leur destin le plus cruel, et dont nous connaissons les dures réalités, ces épreuves qui déciment les candidats à l’exil du continent latino-américain. Tout au long du voyage, ils vont mettre leur vie en danger en rencontrant de nombreux obstacles sur leur chemin, comme le proxénétisme, la corruption policière ou encore le narcotrafic.
Tout cela pour pouvoir ensuite vivre leur rêve américain comme ils l’entendent.
Par ce film, le réalisateur Diégo Quemada Diez nous montre la dureté, le danger de l’immigration.

Les nombreux paysages du film sont montrés par des séquences lentes.
Quelques scènes très inspirées et pleines de tension mettent particulièrement en évidence les menaces de la vie : une soirée au clair de lune avec des coupeurs de canne à sucre durant laquelle Sara, seule fille de la bande est destinée au trafic humain.
Par son sujet si actuel, Rêves d’or s’apparente à un modèle cinématographique proche du documentaire. Premier film tourné au Mexique de Diego Quemada-Diez, jeune réalisateur espagnol, son propos est de révéler la misère de ces adolescents qui voient l’Amérique comme un Eldorado.

Gabrielle Py et Fanny Vichot

Rêves d’or

Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux. Lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité…. Ce long métrage d’une heure quarante-huit réalisé par Diego Quemada-Diez est un véritable bijou nous obligeant à nous questionner sur les chemins différents qu’empruntent les uns et les autres.

Ce film est un enchaînement de péripéties nous montrant toutes les réalités de la vie comme la violence, le viol, l’enlèvement ou encore le meurtre. Bien que ce film soit très intéressant, il est également très stressant et provoque des émotions extrêmes chez les spectateurs. En regardant ce film le spectateur peut passer du rire aux larmes en une poignée de secondes. Pour finir, j’ai plutôt aimé cette histoire, j’ai aimé le fait que le réalisateur ait réussi à susciter de fortes émotions chez le spectateur en partant d’une histoire simple.

Lola Abid

Rêves d’or : tout ce qui brille n’est pas en or.

Dans cette histoire, nous suivons les personnages principaux à travers un long périple qui va commencer à la frontière du Guatemala et qui va nous mener jusqu’aux Etats Unis, terre de tous les espoirs et de tous les rêves. Ce voyage sera riche en rencontres avec, pour tous, un seul et même objectif : trouver une vie meilleure. Mais ces rencontres ne seront pas toujours bonnes car certains voudront profiter de leur faiblesse. Leur objectif de changer de vie montre à quel point la misère est omniprésente dans les villages centre-américains. Ces jeunes vont donc partir à la recherche d’une vie idyllique à Los Angeles. Ces adolescents vont abandonner leur vie pour affronter une autre réalité: ils vont se confronter à des personnes peu scrupuleuses comme des narcotrafiquants ou des hommes qui vont les maltraiter et les séquestrer. Ils réussiront à arriver au Mexique mais sans Samuel. Ils feront face aux dangers et connaîtront la dureté du voyage clandestin. Les jeunes apprennent à se connaître au fil du film et certaines affinités se créent. Malgré tous les efforts fournis par chaque jeune, seul Juan atteint son but et arrive à Los Angeles.

Diego Quemada, le réalisateur nous montre de façon très explicite la violence quotidienne que vivent les immigrés qui essaient de surmonter la peur, l’injustice et la douleur à travers la solidarité, l’amitié, l’amour mais surtout l’ambition d’arriver aux Etats-Unis.

Dans ce long métrage, le directeur met en avant une triste réalité qu’est la pauvreté des petits villages centre-américains qui ont un niveau économique extrêmement faible. Ces villages sont si démunis que les habitants ne vont cesser de songer à une vie meilleure aux Etats Unis. Certaines personnes n’hésitent pas à risquer leur vie pour atteindre leur rêve.
Le réalisateur met en avant les risques pour les migrants, il cherche à nous faire réfléchir et nous montre les différents dangers encourus comme les narcotrafiquants, la corruption, la séquestration. Il met aussi en scène un Indien qui montre que la langue n’est pas une barrière à la communication. Ainsi, Chauk communique en montrant la neige, et la scène est vécue de nouveau par Juan à la fin du film, dernière image, magnifique, de ce long métrage.

Daniéla Caballero

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  • Genre : Drame, Thriller
  • Réalisé par : Lucia Puenzo
  • Avec : Alex Brendemühl, Natalia Oreiro, Diego Peretti

Un film presque aussi parfait qu’une poupée.

1960 après la seconde guerre mondiale, les nazis sont en fuite et sont poursuivis par les polices du monde entier, en particulier le MOSSAD, services secrets israéliens. Mais certains nazis courent encore et continuent les expériences effectuées dans les camps. Ce film se déroule en Argentine où le régime autoritaire a permis à certains de se réfugier.
L’esthétisme du film est remarquable : le spectateur, durant toute la longueur du film, est libre de percevoir ou pas les détails d’un passé toujours dans les esprits mais occulté par le panorama extraordinaire.
C’est dans ce contexte historique que se situe l’histoire du médecin de famille. Josef Mengele, criminel nazi en fuite, rejoint le quotidien d’une famille argentine qui va ouvrir un hôtel en Patagonie. Il s’installe donc dans cet hôtel, près du village de Bariloche perché sur la montagne.
La famille ne sait rien de son identité, la mère et Lilith, âgée de douze ans, sont charmées par ses manières, son argent et son savoir.
On suit l’histoire du point de vue de Lilith sans qu’elle ne donne son avis. On s’identifie donc à elle. Le scénario est captivant car le personnage et le passé de Mengele restent mystérieux jusqu’à la fin du film.
Dès la première scène, le mystère s’installe, qui est cet homme? Pourquoi regarde-t-il ainsi la jeune fille? Que veut-il?
Il ne cessera de faire des gestes anodins mais qui révèlent sa manière de concevoir la vie et les gens.
Le père de Lilith fabrique des poupées et la réalisatrice nous invite à regarder ces poupées à travers le regard du médecin qui est dépourvu d’émotion.
Au début, Lilith comme sa poupée imparfaite, souffre d’un retard de croissance. Mengele mettra tout en œuvre pour la rendre parfaite et pour en faire un être supérieur.
La métaphore de la poupée est explicite mais apporte une touche de poésie et d’innocence au film.
Les plans en la matière sont extraordinaires. La montagne patagonienne n’est pas sans rappeler la résidence du Führer,en Bavière. Les changements de lumière, de musiques et de rythmes renforcent le mystère. La réalisatrice a réussi à donner une identité, un relief et une sensibilité a un film d’abord historique que nous avons profondément aimé.

Eve Kahn et Emma Delgove

Le médecin de famille

1960, on se retrouve plongé dans une période encore bien sombre de l’après-guerre. De nombreux nazis sont en fuite en majorité en Argentine. Nous retrouvons une petite famille composée de deux enfants, un jeune garçon et sa soeur Lilith, l’héroïne de l’histoire. Cette famille rentre dans son pays natal, pour reprendre un hôtel dans la région des grands lacs, où le père de Lilith fabrique des poupées artisanales. Sur leur route, la famille rencontre un homme, médecin à l’allure étrange mais qui n’attire pas plus leur attention. Cet homme va prendre une chambre dans l’hôtel de la famille situé juste à côté d’une très étrange maison. Un avion fait de nombreux allées et venues vers cette maison. Le médecin n’est autre que l’ancien nazi Mengele connu pour avoir pratiqué des expériences affreuses envers les juifs dans les camps de concentration durant la guerre. Il semble s’intéresser étrangement à la jeune Lilith qui souffre d’un problème de croissance. Le médecin continue ses expériences sur elle et ses deux petits frères, des jumeaux, qui naîtront plus tard dans le film. C’est un film avec une ambiance glauque, tout est sous-entendu, on reste sur des non-dits, des allusions aux horreurs, commises dans les camps pendant la guerre, la mort des milliers de personnes sans jamais les évoquer. L’évolution du commerce des poupées qui s’automatisent avec des assemblages de membres ; tout est fait pour rappeler la déshumanisation et l’horreur du nazisme.

Clément Sardier

 

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  • Genre : Romance
  • Réalisé par : Ritesh Batra
  • Avec : Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui

Un film délicieux.

Deux personnes, deux destins et une lunchbox. Ritesh Batranous nous fait entrer dans le quotidien de deux vies. Ila (Nirat Kaur), mère au foyer, est délaissée par son mari qui la trompe. Elle trouve du réconfort dans sa cuisine, épaulée par sa voisine du haut, Auntie dont on n’entend que la voix. Ila semble tout avoir pour elle mais elle est rongée par la solitude. Tous les jours, elle cuisine pour son mari et lui fait parvenir ses repas par le biais d’une agence de livraison à l’organisation presque infaillible. Ne recevant aucun commentaire sur sa cuisine de la part de son époux, elle comprend vite que l’agence s’est trompée de destinataire et a remis accidentellement la lunchbox à Sajaan Fernandes (Irrfan Khan, récemment vu dans L’odyssée de Pi, d’Ang Lee).Cet homme est un veuf à la réputation d’homme froid et solitaire. Il appréhende sa retraite proche car il s’est laissé entraîner par son quotidien et a abandonné toute vie sociale.

Ces deux âmes solitaires débuteront une relation épistolaire à travers des messages laissés dans la lunchbox. Cet échange sera une bouffée d’adrénaline pour eux comme pour le spectateur. Ils oseront enfin avouer les pensées enfouies qu’ils gardaient jusqu’à présent pour eux, à cet étranger de l’autre côté de la lunchbox.
En nous introduisant dans leurs vies, Ritesh Batranous nous dévoile aussi le quotidien des classes moyennes indiennes, loin de Bollywood. Les couleurs, les voitures, les gens, l’accent, tout ce qui fait de ce film un régal pour les yeux et la curiosité.

Eve Kahn, Emma Delgove

The lunchbox

The Lunchbox raconte l’histoire d’amour entre Ila, une jeune femme délaissée par son mari, et Saajan, veuf proche de la retraite qui reçoit par erreur le plat qu’Ila destinait à son époux. De là, commence une relation épistolaire. Ce film nous montre un autre visage de l’Inde, celui de la vie de tous les jours, celui d’un pays où les histoires d’amour peuvent naître comme partout dans le monde.
Cette relation épistolaire pourrait avoir des allures de déjà-vu, si ce n’est qu’ici, elle est emplie d’une certaine magie.
Par ailleurs, ce film éclaire la condition des femmes comme celle des employés entassés dans les transports en commun.
En outre, c’est un film savoureux qui donne envie de tomber amoureux.

Ava Nieswic

Un film appétissant…

Préparez vos lunchbox, et direction Bombay pour un film épicé. Ces deux heures de film vous paraîtront aussi longues que neuf heures de vol.

Fernandes, un homme bientôt retraité, entre dans une relation épistolaire avec Ila, une jeune femme délaissée par son mari qui la trompe. Cette relation naissante due à une erreur venant d’un système infaillible bien particulier à la culture indienne va réunir deux âmes solitaires. Chaque jour, des coursiers apportent leur déjeuner aux travailleurs, malheureusement -ou heureusement ? C’est Fernandes qui a reçu la lunchbox du mari d’Ila. Bien que le rythme soit long et répétitif, ces échanges sont la seule réjouissance de Fernandes.

Kenza Ismail, Kelly Ferreira, Salim Tahiri et Matthieu Pintat 

 

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  • Genre : Drame
  • Réalisé par : Jean Denizot
  • Avec : Zacharie Chasseriaud, Jules Pelissier, Solène Rigot

Une fuite vers le bonheur ?

Fuir encore et toujours, voilà le quotidien de Pierre, Sylvain et leur père. Inspiré de l’affaire Fortin, le premier long métrage de J. Denizot évoque les thèmes de la fuite mais aussi de l’émancipation avec beaucoup de poésie. Filmé dans la Loire et les Pyrénées, c’est un road-moovie « à la française » mais avec une musique bandjo qui lui donne un petit air du Mississipi. Sylvain et son frère Pierre ont été enlevés par leur père après une procédure de divorce qui lui retirait leur garde alors qu’ils avaient 5 et 7 ans. Onze ans plus tard, ils ont grandi, sont en bonne santé mais n’ont pas eu la même vie que les autres adolescents… Pierre quitte le groupe à 18 ans. Pour Sylvain, 16 ans, Gilda est un déclic. La jeune fille le touche et fait naître chez lui des sentiments inconnus : l’amour, l’insouciance mais aussi le désir d’être autre chose que le fils de son père, le désir de vivre autre chose que la fuite, le désir d’avoir une autre vie. C’est donc aussi l’histoire d’une révolte. Mais Sylvain ne peut s’empêcher d’avoir de la compassion pour son père qui a agi, dit-il, « pour le bien de ses fils »… Il part mais en se promettant, si procès il devait y avoir, de soutenir son père.
Ce film est une bouffée d’air frais : les paysages sont splendides, le frisson du premier amour fait oublier la gravité du sujet et attendrit le spectateur. On peut regretter que les acteurs ne portent pas assez le film : ils manquent d’une authenticité qui aurait pu faire passer « la belle vie » de divertissant à inoubliable. La parole est parfois superflue, l’image seule, comme à la fin du film, aurait été parfois plus efficace.
On passe néanmoins un bon moment. Bravo à J Denizot!

Eve Kahn

Un film émouvant.

La belle vie est un film sur l’amour d’un père pour ses enfants mais aussi sur la liberté, la clandestinité et l’émancipation. Pierre et Sylvain, à 5 et 7 ans, ont été enlevés par leur père après son divorce, pour mener une autre vie, certes « en cavale » mais plus authentique. Le père brave la loi, il est poursuivi par la police, mais il le fait par amour pour ses fils. C’est un amour étouffant et qui ne suffit plus à Pierre, 18 ans, qui quitte le trio. Sylvain, lui hésite quand il rencontre Gilda. C’est cette hésitation qui est au coeur du film. L’adolescent aime son père mais il devient aussi amoureux de la jeune fille. Il se rend compte qu’il manque d’oxygène, qu’il est à bout de course. Quitter son premier amour l’amène aussi à s’émanciper de son père. Et c’est alors le moment de retrouver celle qui n’a pas vu depuis 11 ans : sa mère.
Tourné dans de très beaux paysages, le film de Denizot est très touchant et ne laisse pas indifférent.

Gabrielle Py, Fanny Vichot, Matthieu Pintat

 

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  • Genre : Documentaire
  • Réalisé par : Julie Bertuccelli
  • Avec : acteurs inconnus

Parcours émouvant.

La cour de Babel est un documentaire réaliste de Julie Bertuccelli. Le titre évoque une scène biblique de l’ancien testament.  Plusieurs personnes construisent une tour pour montrer leur puissance à Dieu. Mécontent, celui-ci leur donnera à chacun une langue . Incapables de communiquer, ils ne termineront pas la tour. Le mot « cour » représente la cour de récréation donc la réussite à communiquer.

Dans ce documentaire, on voit des élèves de différentes nationalités qui viennent pour différentes raisons.
En quête de réussite, ils espèrent entrer dans une classe supérieure.
En quittant leur pays ils laissent derrière eux leur culture, leur religion, leur famille et leurs amis, ce qui est très éprouvant à vivre. On ressent donc un sentiment de pitié envers eux. Ce film est émouvant, il montre les difficultés d’arriver dans un pays étranger dans lequel on ne sait pas parler la langue.

Agathe , Ava , Daniela , Sophie , Zoé

La cour de Babel

La cour de Babel nous fait vivre l’intégration de jeunes étrangers âgés de 11 à 15 ans venant de différents pays tels que : la Serbie, l’Irlande, la Chine, le Sénégal ou encore le Brésil.
Tous ces jeunes adolescents sont réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre la langue française.
A travers ce documentaire poignant s’expriment l’innocence, l’énergie et la détermination de réussir de ces adolescents pleins d’espoir et d’envie pour leur futur.
Ce mélange de cultures et de langues nous transporte dans le monde si tendre et à la fois si cruel de l’école.
Le scénario est touchant, la réalisation l’est encore plus, la réalisatrice n’utilise que très peu de moyens pour montrer l’immensité de l’envie et de l’amour des élèves. La cour de Babel est à voir au plus vite, les rires et les larmes y sont présents durant tout le film.

Romane 

 

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  • Genre : Drame
  • Réalisé par : Pawel Pawlikowski

Avec : Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska, Dawid Ogrodnik

Société inconnue.

Pawel Pawlikovski nous plonge dans une Pologne des années 60 qui se force à oublier la seconde guerre mondiale.
Ida, jeune religieuse (pourtant juive) est livrée à elle-même dans un monde dur, cru, et loin de ses valeurs chrétiennes. Afin d’être sûre de faire le bon choix, la mère supérieure obligera Ida à quitter le couvent pour résider chez le dernier membre de sa famille qui lui reste : sa tante Wanda.
Celle-ci est à l’opposée d’Ida et la confrontation des deux personnages créé une atmosphère intéressante tout au long du film.
Les deux femmes se lancent alors dans une quête : savoir ce qui est arrivé aux parents d’Ida et au fils de Wanda. Durant cette recherche, Ida et Wanda rencontrent des gens divers et variés.
En sillonnant la Pologne, le réalisateur aborde un sujet très sensible ; l’antisémitisme polonais. Des portes sont claquées et l’horreur resurgit.
Les caractéristiques d’écriture cinématographique sont impressionnantes et diverses. Le noir et blanc est utiliré C ierveille, le cadre serré crée une profondeur qui colle avec la dureté des thèmes abordés. Tout au long du film, les plans changent : un plan fixe ralentit et s’accélère. Cela évite la répétition et créé des plans hypnotisants et entêtants.
L’entière beauté de ce film réside dans le fait que chaque plan est une photo possible. La Pologne présentée est une Pologne vivante et ouverte où l’on retrouve de la musique jazz, de l’alcool et des cigarettes qui jurent avec la dureté de ses voisins communistes.
Une scène nous a particulièrement marqués : celle du suicide de Wanda. Le choix du cadre quand elle se jette par la fenêtre est tout particulièrement surprenant. Wanda, seule, un verre à la main sur un fond de musique à ses habitudes, se jette soudainement par la fenêtre.
La simplicité du cadre panoramique est la caractéristique principale de cette scène. Ce cadre installe une tension, une sensibilité, mais aussi une beauté figée dans le temps.
Derrière toutes les facettes sous lesquelles elle s’était cachée, Wanda nous prouve que les gens les plus durs cachent souvent bien des choses.
Ida est un film à aller voir ne serait-ce que pour sa technique d’écriture cinématographique ou encore son approche historique.

Eve, Clément et Marguerite

 

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  • Genre : Drame
  • Réalisé par : Hélier Cisterne
  • Avec : Zinedine Benchénine, Chloé Lecerf, Emile Berling

De l’émotion en permanence.

C’est un film qui procure beaucoup d’émotions à travers tous ses personnages et notamment Chérif qui découvre à 15 ans le monde du Street art dans une ville qu’il ne connaît pas (Strasbourg). Ce film n’est cependant pas axé sur le graff, mais sur l’intégration d’un jeune dans un groupe et la découverte d’une passion pour un adolescent qui cherche à découvrir ses qualités dans un monde compliqué. Ce film transmet des valeurs d’amitié, d’amour, de passion, de haine et de courage.
Ce que l’on peut retenir de la qualité technique de ce film, ce sont ces plans et ces séquences d’une beauté profonde lors des moments où les adolescents exercent leurs graffs sous forme de chorégraphie ordonnée et orchestrée par une musique forte. Les couleurs sont merveilleusement mises en valeur dans un film qui repose principalement sur$l’km`act visuel de la calligraphie moderne qui est le tag.

Antoine et Axel

Vandal

Après le divorce de ses parents, Chérif, 15 ans est contraint de vivre chez son oncle et sa tante avec son cousin du même âge qui paraît être un jeune homme calme et honnête, mais qui s’avère être membre d’une bande de tagueurs dans laquelle Chérif va vite être intégré à son grand plaisir. Chérif tente de passer son C.A.P dans le bâtiment où il subira tous les mauvais traitements de la part de ses camarades. Mais où il fera également une agréable rencontre…Le groupe de tagueurs subit la concurrence de Vandal, un tagueur solitaire dont la fin sera tragique. C’est un film à deux ambiances : le jour où tout le monde mène une vie normale et où les apparences sont cachées. La nuit, où les attitudes de Chérif changent du tout au tout avec une ambiance « envoûtante » et des musiques choisies à la perfection en rapport avec les scènes de tags. Ce film est plutôt plaisant et mystérieux mais en laissera plus d’un sceptique, qualifiable d’inachevé.

Clément Sardier

Un long-métrage tout en frissons et graffitis…

Vandal est un long-métrage d’une heure vingt-quatre sur une partie de la vie d’un adolescent de quinze ans qui part vivre à Strasbourg se découvrant très vite une passion pour le Street art. Dans ce film, le réalisateur Hélier Cisterne met en scène la sensibilité attachante du personnage principal tout en dénonçant également la dureté du monde dans lequel il vit. Pour un premier film, Hélier Cisterne a réussi à émouvoir la spectateur et à lui donner envie de continuer à voir le film. Il est vrai que quelques scènes sont un peu longues, mais dans l’ensemble le scénario a un début, une fin et une suite logique. Pour ma part j’ai trouvé ce film intéressant, prenant et émouvant.
J’ai apprécié l’intrigue et le fait que le réalisateur ait réussi à nous raconter une histoire tendue à la limite du drame-thriller dans un contexte aussi original.
Pour finir, je dirai que le jeu des acteurs est très bon, Zinédine Benchénine interprétant le rôle de Shérif, le personnage principal, arrive extrêmement bien à nous embarquer dans son histoire.
Quant à Ramzi Bedia qui nous a habitués à des rôles plus comiques que dramatiques, il arrive à nous toucher en interprétant le rôle du père de Shérif avec sensibilité.

Lola Abid

Vandal, un film à voir… ou pas ?

Le réalisateur choisit le monde du graff pour montrer le goût de certains adolescents pour l’interdit.
L’histoire est celle d’un garçon de 15 ans qui déménage chez son père à Strasbourg pour faire un CAP de maçonnerie. Son cousin va l’influencer et le faire rentrer dans le monde du  Street Art. Tout au long du film, on va le voir évoluer du monde du bâtiment vers le monde du graff. Il sort le soir, fait de multiples expériences et rencontre des tagueurs en vogue. Sa vie est plus épanouie mais reste tout de même perturbée.
Nous, en tant que jeunes, nous nous reconnaissons à travers ce personnage bien qu’on n’ait pas le même parcours que lui. Il fait des expériences communes à tous les adolescents. On s’identifie à ce personnage à cause de ses conflits perpétuels avec ses parents.
Les émotions sont présentes dans ce film, certaines scènes restent en mémoire, comme celle de la conversation de Chérif avec son petit frère via Skype ou celles où le père du jeune homme essaye avec beaucoup de difficulté de « rattraper » le temps perdu et d’aider son fils en lui trouvant un stage en CAP.
La musique est un élément clé dans ce film. Omniprésente à des moments spécifiques par exemple lorsque Chérif entre dans la planque de Vandal, la musique s’intensifie peu à peu et va créer une atmosphère avec en plus les graffitis qui apparaissent un à un à la lumière.

Servane Poisson et Fanny Vichot

 

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  • Genre : Comédie
  • Réalisé par : Guillaume Gallienne
  • Avec : Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian

Les garçons et Guillaume à table

Guillaume, la trentaine est le modèle masculin le plus féminin qui soit, considéré comme homosexuel par son père et ses frères ainsi que par la plupart des gens qu’il rencontre. Ce jeune homme qui idolâtre sa mère et est prêt à tout pour lui ressembler, elle qui est une femme d’une grande prestance à la fois polie et vulgaire, aime beaucoup son fils mais participe à sa « dévirilisation ». Il va arriver à Guillaume toutes sortes d’aventures durant la découverte de son homosexualité, de la thalasso bavaroise aux boîtes de nuits homosexuelles, nous sommes confrontés à de nombreux passages comiques pour un bon moment de détente et de rigolade. C’est finalement sur une terrasse parisienne, entouré de femmes que Guillaume va comprendre qu’il se croit gay, qu’on le force d’une certaine manière à le croire alors qu’en fait c’est un hétérosexuel. Ce film garantit le rire pour la majorité des spectateurs mais d’autres jugeront plutôt que l’on tombe dans les stéréotypes de l’homosexualité.

Clément Sardier

Les garçons et Guillaume à table : Un repas qui laisse sur sa faim.

Après 30 ans de recherche, Guillaume a enfin retrouvé ses bourses. Considéré depuis le plus jeune âge comme un homosexuel, Guillaume va vivre toutes sortes de péripéties aussi bien heureuses que malheureuses d’un prétendu gay.
D’un spa bavarois au dortoir d’un pensionnat anglais, tout porte à croire que Guillaume est gay. Eduqué comme une fille par sa mère et poussé à la virilité par son père, notre jeune homme est en proie au doute… Quelle sera donc son orientation sexuelle ? Seule une soirée entre filles pourra nous le dire.
Ce film est à la fois drôle, émouvant et pesant. Bien que les trois points de vue se défendent, l’humour utilisé pourrait être qualifié de « too much ». Un humour décalé (voire trop) et cinglant qui nous amène dans un univers fantaisiste qui laisse certains perplexes. La fascination que porte Guillaume à sa mère est très particulière et tous ses efforts pour lui ressembler sont émouvants et ajoute de l’humour à la pièce bien que certaines répliques comme « Eh ben, mes enfants, c’étaient les chutes du Niagara ! » vulgarise le film. Pour finir, ce film ne plaira sûrement pas à tout le monde mais vaut tout de même le détour.

Clément Sardier, Julien Moussaron, Servane Poisson

 

Informations complémentaires sur le blog du Prix Jean Renoir  http://eduscol.education.fr/prix-jean-renoir-des-lyceens/