Allemand

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La vie est trop courte pour apprendre l’allemand ?

Et si au contraire, cela valait la peine de s’intéresser aux cultures de langue allemande ? La spécialité allemand proposée au lycée Jules Ferry permet d’appréhender la société et la culture des pays germaniques — qui ont donné leur famille royale et leur langue aux Britanniques, mais n’allez pas le leur dire, ils s’efforcent de le faire oublier 😊 — à travers l’étude de la langue, de la presse et de la littérature. Si la littérature allemande est très jeune comparée aux autres littératures européennes, son influence n’en demeure pas moins centrale à commencer par Luther, mais encore Goethe et son Faust ou La métamorphose de Franz Kafka. Mais il s’agit plus largement de s’intéresser à la construction de l’identité allemande au travers d’un processus long et délicat que l’Allemagne contemporaine ferait presque oublier aujourd’hui. La maîtrise de la langue n’est pas un prérequis, mais fait l’objet d’un apprentissage spécifique. N’hésitez pas à vous démarquer en choisissant l’allemand !

LVA ou LVB ? Faire le bon choix

En classes préparatoires littéraires, les appellations « LV1 » et « LV2 » sont remplacées par celles de « LVA » et « LVB ». Ce n’est pas une simple coquetterie mais la prise en compte d’une réalité : après le baccalauréat, les cartes peuvent être rebattues et la « LVA » n’est pas obligatoirement la suite « logique » de la LV1 suivie au lycée. En effet, le niveau atteint par les élèves d’une classe de LV1 ou de LV2 en fin de Terminale est extrêmement hétérogène. L’entrée en hypokhâgne est donc l’occasion de reconsidérer éventuellement les choix antérieurs pour trouver le groupe où l’on se sentira le mieux, en fonction de son niveau bien sûr, mais aussi de ses projets, ou encore pour renforcer l’une des deux langues qu’on a le sentiment d’avoir négligée jusque-là. Pendant les premières semaines d’hypokhâgne, il est donc possible, si besoin est, de « tester » les deux cours pour déterminer dans quel groupe on choisit de rester pour l’année. Un échange LVA/LVB peut également être décidé, plus exceptionnellement, pour l’entrée en khâgne ; il se fait alors en fonction des résultats obtenus en hypokhâgne et en concertation avec les professeurs des langues concernées.

L’hypokhâgne LVA : 4h de cours par semaine, une colle par semestre

Les 4h hebdomadaires sont consacrées à l’étude de textes littéraires (traduction et commentaire d’extraits, lecture suivie d’œuvres courtes), à la découverte de l’actualité allemande et des enjeux de civilisation qui la sous-tendent (articles de presse, reportages vidéo) et à la consolidation des acquis linguistiques, notamment par le biais de la traduction (de l’allemand au français et vice-versa).

En ce qui concerne les auteurs et les thèmes abordés, il n’y a pas en hypokhâgne de programme préétabli : pour la presse et la civilisation, c’est l’actualité qui, le plus souvent, dicte les questions traitées. Quant à la littérature, les textes retenus cherchent à donner une idée de la richesse et de la diversité du corpus, mais leur choix prend également en compte les demandes et les goûts des élèves, qui seront sollicités pour exprimer leurs envies. L’étude de tel ou tel texte peut parfois conduire aussi à déborder le champ proprement dit du commentaire littéraire, et amener à faire par exemple l’analyse d’un extrait de film, un commentaire de tableau ou encore un rappel sur un point précis de l’histoire allemande.

Pendant le cours, l’accent est surtout mis sur la prise de parole, l’objectif étant que les étudiants se surprennent sans attendre la fin de l’année à avoir entre eux et avec le professeur de vraies discussions en allemand. C’est souvent ce qui paraît difficile au début à beaucoup d’élèves, même de bon niveau ; aussi faut-il travailler dès la rentrée à dépasser peu à peu la simple « participation » au cours sous la forme stéréotypée des questions-réponses. À l’écrit, il s’agira d’apprendre à s’exprimer de manière de plus en plus correcte, fine et développée.

L’hypokhâgne LVB : 2h de cours + 2h d’option

Les élèves de LVB reçoivent 2h de cours hebdomadaires, et peuvent choisir, parmi les options qui leur sont proposées, de suivre deux heures supplémentaires d’allemand. Cette option leur est vivement conseillée pour pouvoir réellement améliorer leur niveau de langue. À savoir également : ceux qui s’inscriront en khâgne ensuite devront obligatoirement garder leur LVB s’ils choisissent de passer le concours de l’ENS avec une spécialité en langue vivante ou bien s’ils souhaitent passer les concours des écoles de commerce.

Les heures de tronc commun sont surtout consacrées à la découverte et à l’étude de la société, de la vie politique et économique allemande d’aujourd’hui à travers les grands thèmes de l’actualité de l’année. Les supports sont des articles de presse et des reportages vidéo. Les bases linguistiques sont consolidées grâce à des révisions grammaticales et des exercices de traduction (version journalistique et thème grammatical).

Les 2 heures d’option supplémentaires sont quant à elles davantage axées sur la découverte de la littérature germanophone : traduction et/ou commentaire d’extraits, lectures suivies (courtes pièces de théâtre par exemple), explication de poèmes, analyse d’extraits de films, etc.

Comme en LVA, les objectifs sont de favoriser autant que possible la prise de parole spontanée et d’acquérir progressivement une expression claire et correcte en allemand.

La khâgne LVA, cours tronc commun (3h/semaine)

Quelle que soit leur spécialité (histoire, lettres modernes, philosophie, langue vivante, etc.), tous les élèves de khâgne reçoivent 3h de cours hebdomadaire dans la LVA qu’ils ont choisie pour se préparer à l’épreuve de langue dite « tronc commun » du concours de l’ENS : cette épreuve, qui dure 6h au concours et se fait à l’aide d’un dictionnaire unilingue, consiste à commenter en langue étrangère un texte d’auteur d’environ 700 mots et à en traduire une partie en français.

Les heures d’allemand « tronc commun » se consacrent donc pour l’essentiel à l’entraînement systématique à la version littéraire et au commentaire de texte. Comme au concours, on se limite aux textes en prose de la littérature germanophone allant du début du 19ème à nos jours. Le théâtre et la poésie sont donc exclus ; en revanche, c’est bien tout le champ de la prose qui est exploré puisque le texte choisi par le jury du concours n’est pas forcément issu d’une fiction narrative (roman ou nouvelle), mais peut être également extrait d’une autobiographie, d’un essai, de la correspondance d’un auteur, etc.

La cadence des devoirs écrits, soutenue, doit permettre l’acquisition d’un lexique suffisant et de bons réflexes dans l’approche des textes et dans leur traduction. Le choix des documents proposés se fait en fonction des exigences du concours mais aussi, le cas échéant, d’éventuels recoupements avec le programme d’autres disciplines.

Mme VON SCHENCK-JANNY et M. BOULAIRE, professeurs d’allemand en classes préparatoires

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